Emballages plastiques souples : Une ligne test de recyclage unique en Europe

8 décembre 2021
La filière plastique française vient de se doter d’un nouvel outil qui doit permettre d’évaluer les différentes possibilités de conception des emballages, notamment souples et dits complexes, pour en améliorer leur recyclabilité et ainsi répondre.

Le 23 septembre dernier à Oyonnax, IPC et le Cotrep, le Comité Technique pour le Recyclage des Emballages Plastiques, rassemblant Valorplast, Elipso, Citeo et le SRP, ont inauguré une ligne test qui va permettre d’évaluer la recyclabilité des emballages plastique souples et d’extrapoler les résultats à l’échelle industrielle.

Dans le cadre de l’extension des consignes de tri qui doit se généraliser à l’ensemble du territoire national d’ici 2 ans, les centres de tri des emballages ménagers voient arriver de plus en plus d’emballages souples complexes qui ne bénéficient pas encore de solution de recyclage.

Ces emballages représentent 25% des emballages plastiques ménagers mis sur le marché. On peut les répartir en deux catégories :

  • 120 000 tonnes sont en polyéthylène : les films plastiques étirables, les plastiques entourant les bouteilles d’eau, les légumes surgelés, et les sacs de caisse par exemple.
  • 160 000 tonnes sont constituées de plusieurs composants (inserts rigides de type bouchons), de différentes résines plastiques (PET, PP, PA…) ou de différents matériaux (colle, étiquettes, couche de métallisation, aluminium) : sachets de chips, emballages de barres de céréales, sacs de nourriture pour animaux, poches de bag-in-box, gourdes pour compote par exemple.

Compte tenu des enjeux clés de l’économie circulaire autour des « 3R » - Réduction, Réutilisation et Recyclage - il est vital pour la filière de l’emballage plastique français de trouver rapidement des solutions de valorisation pour 100% des emballages et de s’engager à développer une filière de recyclage pérenne en particulier pour les emballages souples complexes.

« Ce projet s’inscrit pleinement dans la stratégie engagée par toute la filière dans l’économie circulaire », précise Jean Martin, Directeur Général de Polyvia
« Au niveau de la branche, nous avons déjà impulsé une démarche ambitieuse et pragmatique avec les engagements volontaires. Ce projet soutient notre engagement dans le long terme, avec un volet recherche important ».

L’une des traductions concrètes de cet engagement est la création de cette ligne de test, fruit de la collaboration d’IPC et du Cotrep. Le projet doté d’un budget de 400.000 euros sur 2 ans reproduit les principales étapes des process mis en œuvre dans l’industrie du recyclage.

Ces étapes sont au nombre de 8 : broyage des films, lavage par friction, séchage, incorporation de l’échantillon à tester au film de référence, tri par flottaison suivi d’un séchage, densification, régénération (extrusion avec filtration et granulation) et fabrication de films par extrusion-gonflage. Différentes analyses physico-chimiques sont réalisées tout au long de ces étapes et les films fabriqués en fin de processus sont analysés sous toutes les coutures (présence d’impuretés, couleur, propriétés mécaniques…).

« On entend trop souvent que certains plastiques ne sont pas recyclables » affirme Luc Uytterhaeghe, Directeur Général d’IPC, « simplement parce que les études n’ont pas été faites et qu’on n’a pas pu valider la bonne intégration de certains matériaux dans les flux de recyclage ou alors parce qu’on n’a pas créé les flux de recyclage correspondants et on pense que cette collaboration avec le COTREP sera clé pour lever l’ensemble de ces verrous de recyclage ».

Les premiers emballages testés sur la ligne

En 2021, plusieurs campagnes de tests sont prévues concernant les emballages souples en PE intégrant :

  • Une barrière EVOH, comme les poches de bag-in-box.
  • Un robinet en plastique rigide, comme sur certaines poches.
  • Du polyamide, une résine très utilisée pour conserver certains aliments (fromage).
  • De l’aluminium comme dans les sachets pour préserver les aliments de l’humidité (chips).
  • Des matériaux barrière à l’eau et à l’oxygène innovants, comme le SiOx et le PVOH.

Les emballages souples compostables, comme les sachets de fruits et légumes feront également l’objet de tests, ainsi que des emballages rigides. Il est également prévu que les metteurs en marché puissent utiliser la ligne pour tester la recyclabilité de leurs emballages et ainsi les aider à en améliorer l’éco-conception.

Pour les recycleurs et les régénérateurs de matières plastiques, cette ligne va leur permettre de faire évoluer leurs installations industrielles pour un meilleur recyclage.

Quelle utilisation des résultats des tests ?

Les résultats de tests seront analysés par les membres du Cotrep qui publiera des avis sur la recyclabilité des emballages testés. Ces documents aideront les metteurs en marché et leurs fournisseurs plasturgistes dès la conception des emballages à développer des solutions recyclables, tout en permettant l’innovation.

Un projet rassembleur

François Aublé, Président du SRP, souligne que « l’atout de ce projet c’est d’avoir rassemblé l’ensemble de la filière, du concepteur de l’emballage jusqu’au régénérateur, pour travailler ensemble autour de la recyclabilité. C’est l’un des projets phare qui permet de rassembler toute la filière autour de cet objectif commun ». En effet, tous les maillons de la chaîne de valeur du plastique contribuent à ce projet qui va permettre d’atteindre l’objectif de la loi Agec de 100% de plastique recyclé d’ici 2025.