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Crise sanitaire : l'impact sur les constructeurs de machines-outils en Italie

04 mars 2021

Italie : les constructeurs de machines-outils affaiblis par la crise sanitaire

Les commandes de machines-outils fabriquées en Italie ont chuté de 18.6% en 2020 par rapport à l’année précédente. Cette tendance à la baisse des ventes s’est maintenue tout au long de l’année, y compris au dernier trimestre. Une tendance que l’on retrouve également dans le secteur des machines pour la transformation des matières plastiques.

Une filière durement frappée par la crise sanitaire

Les données publiées par l’Ucimu, l’organisation professionnelle représentant les constructeurs italiens de machines-outils, mettent en effet en lumière une chute de 18.1% des commandes au cours du dernier trimestre 2020, toujours par rapport à la même période de l’année précédente.

D’après l’organisation, cette mauvaise performance proviendrait avant tout du marché domestique, qui traverse lui aussi une crise importante, mais également de la faiblesse de la demande des clients basés à l’étranger.

Les commandes en provenance de l’Italie ont ainsi enregistré une baisse de 28% au cours du dernier trimestre 2020 par rapport à la même période de 2019. L’Ucimu tempère toutefois cette chute, en expliquant que les niveaux de commandes du marché domestique n’avaient cessé de progresser depuis 2015, et sont encore 23,9% plus élevés qu’alors.

Les commandes émises par des clients basés à l’étranger ont quant à elles chuté de 14% entre octobre et décembre 2020 par rapport au dernier trimestre 2019. Le nombre de commandes à l’export a cependant tendance à chuter depuis 2015. Avec ce nouveau coup dur, la baisse observée entre le premier trimestre 2015 et le dernier trimestre 2020 s’élève à 22.3%.

Etudier ces données à l’année met d’autant plus en évidence l’effondrement de la demande de l’industrie italienne. Les commandes du marché domestique ont ainsi chuté de 35.1% en 2020, contre une baisse de 13.6% des commandes à l’export.

Selon Barbara Colombo, la Présidente de l’Ucimu, cette baisse des commandes, en particulier au cours du dernier trimestre de l’année passée, illustre les difficultés rencontrées par l’industrie, que ce soit en Italie ou ailleurs dans le monde. Elle estime cependant que les premiers mois de 2021 devraient s’accompagner d’une amélioration de la situation pour ses adhérents.

Le gouvernement italien a en effet adopté un éventail de mesures incitatives pour encourager le remplacement des machines obsolètes dans le cadre de son programme Transition 4.0. A cela s’ajoute le plan de vaccinations de la population italienne, qui devrait permettre un retour à l’activité productive et à la vie normale, ainsi que la perspective de pouvoir tenir deux salons phares de la filière, à savoir le Lamiera (du 26 au 29 mai) et l’Emo Milano 2021 (du 4 au 9 octobre), qui auront tous deux lieu à Rho.

Les constructeurs de machines pour la plasturgie font mieux que prévu

Les constructeurs italiens de machines pour la transformation de polymères ont, comme les autres acteurs de la filière machines-outils, souffert de la crise sanitaire. Ils s’en sont cependant mieux sortis que ce que l’on aurait pu croire, selon Amaplast, l’organisation professionnelle chargée de les représenter.

Ses adhérents ont en moyenne témoigné d’une baisse de 2.8% de leurs chiffres d’affaires à l’année, soit un recul très limité compte tenu de la situation difficile dans laquelle les plasturgistes italiens et européens se trouvent, et des arrêts de production imposés par le confinement du pays entre mars et avril 2020.

57% des 149 entreprises interrogées ont cependant signalé une baisse de leurs ventes, mais 40% ont déclaré avoir vu celles-ci augmenter par rapport à 2019. Le reste a quant à lui profité de niveaux de ventes stables.

L’année 2020 s’est également révélée positive sur le front de l’emploi, puisque le nombre total de personnes employées par la filière a augmenté de 3.3% par rapport en 2019. En effet, 52 entreprises ont choisi de recruter contre Amaplas, contre 53 qui ont malheureusement dû réduire leurs effectifs. Les 44 entreprises restantes de l’échantillon n’ont ni licencié, ni recruté.

De l’espoir pour 2021 ?

Une autre enquête menée par Amaplas auprès de 60 entreprises de la filière italienne des machines pour la transformation des polymères (incluant les moulistes) a réalisé que la moitié d’entre elles profite déjà d’une hausse du nombre de commandes sur le premier semestre. Un tiers des sociétés interrogées ne signalent pas une évolution flagrante de leurs carnets de commandes, tandis que le reste atteste subir une baisse de leur nombre. La majorité de ces dernières signaleraient d’ailleurs une chute de 15% du nombre de commandes enregistrées pour le 1er semestre 2021 par rapport au second semestre 2020.

Les choses se gâtent cependant lorsqu’Amaplas porte son attention aux flux commerciaux internationaux de la filière. En effet, les importations italiennes de machines et d’outillages pour la transformation de polymères auraient chuté de 17% l’année passée, ce qui tend à prouver la faiblesse du marché domestique. Les exportations de la filière italienne ont d’autre part chuté de 14% en 2020, alors que cette dernière réalise typiquement 70% de son chiffre d’affaires à l’export.

L’organisation professionnelle s’est donc appuyée sur les données récemment publiées par l’Istat, l’équivalent de l’INSEE en Italie. Amaplas estime ainsi que les volumes de production de la filière ont chuté de 10% à 12% sur l’année 2020.

La filière devra composer avec plusieurs facteurs potentiellement bloquants en 2021. Comme ses équivalents européens, elle souffre évidemment de la pénurie de certains métaux, dont l’acier, mais nombre de ces blocages proviennent des marchés en aval. En effet, les plasturgistes européens sont eux aussi confrontés à une véritable pénurie, cette fois-ci sur les polymères, et il est difficile de prédire quand celle-ci prendra fin. Il est en tout cas peu probable que les choses ne s’apaisent avant la fin du premier semestre.

Les constructeurs italiens de machines pour la plasturgie dépendent étroitement des marchés à l’export, où ils réalisent la majorité de leurs chiffres d’affaires. La reprise économique de certains secteurs de marché de la plasturgie européenne est pourtant compromise par la multiplication des arrêts de production, des cas de Forces Majeures et des fortes hausses de prix du plastique.

Il faudra compter sur le rebond éventuel des plasturgies française et allemande, mais la hausse des cours du fret apporte une ombre supplémentaire au tableau. Il apparait donc que 2021 sera encore une année particulière pour la filière.

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