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Filière plasturgie

10 novembre 2021

Perspective économique : La plasturgie en France

Selon l’édition 2018 du « Panorama de la plasturgie », la plasturgie française pesait 31,7 milliards d’Euros en 2017. Ce chiffre d’affaires est réalisé par les 3550 établissements rattachés aux 5 codes NAF de L’INSEE « Fabrication de Produits en Plastique ». Or, la filière plasturgie englobe un champ beaucoup plus large.

Source : Panorama de la Plasturgie 2018, Polyvia

Chiffres clés

Le poids réel est en fait de la filière plasturgie en France est estimé par Polyvia à 65 milliards d’Euros grâce à sa présence dans plus de 100 secteurs industriels. En effet, la plasturgie est une activité à fort caractère intermédiaire puisque, toujours selon Polyvia, 80% de la production correspond à de la sous-traitance, et est donc destinée à la consommation intermédiaire d’autres entreprises. Il s’agirait là de l’un des taux les plus importants parmi les secteurs industriels.

Vision statistique par code NAF

Il est à souligner que la vision statistique par code NAF sous-estime la place de la plasturgie dans l’industrie manufacturière française.

 

Ce biais provient de deux facteurs principaux :

  • Chaque entreprise se voit affecter une seule catégorie et par conséquent une entreprise de métallurgie qui possède aussi un atelier de plasturgie n’entre pas dans les codes transformateurs de matière plastique.
  • Beaucoup d’entreprises qui fabriquent des jouets en plastique se trouvent dans le code « Fabrication de jeux et jouets », de même les entreprises du secteur de la lunette, des produits électroménagers, de l’ameublement… sont classées dans le code correspondant au marché final.

 

Une des tendances actuelles de l’industrie est à l’intégration verticale et plus spécifiquement pour la filière à la réintégration d’ateliers de production de plasturgie par des donneurs d’ordres ou des groupes intégrés (par exemple une entreprise d‘électroménager peut choisir de sous-traiter ses pièces plastiques ou de les fabriquer en interne). Cette tendance se traduit dans les statistiques par une réduction du nombre d’entreprises classées dans la filière plasturgie (l’intégration passant souvent par le rachat d’une petite entreprise de plasturgie).

Sur le premier périmètre de la plasturgie, qui correspond à la classification INSEE, la plasturgie employait 122 000 salariés en 2018. La filière française se caractérise par des entreprises de petite taille avec une moyenne de 36 salariés par établissement. Ainsi, plus de 70% des entreprises ont un effectif inférieur à 20 salariés. Cependant, les entreprises de 20 salariés ou plus réalisent 90% du chiffre d’affaires du secteur.

Le profil des salariés de la plasturgie est vieillissant. Entre 2000 et 2017, la part des 34 ans et moins est passée de 43% à 14%. Ce phénomène est lié à l’entrée massive dans les entreprises de salariés pendant les périodes de très forte croissance dans les années 70 et 80. Un tiers des employés de la plasturgie ont plus de 50 ans.

La filière est peu féminisée. Avec 68% des salariés qui sont des hommes, une proportion stable depuis 10 ans, la plasturgie fait un peu mieux que la moyenne de l’industrie française qui emploie 29% de femmes. Les femmes sont majoritairement présentes dans les fonctions support. La plasturgie reste une industrie de main-d’œuvre : 58% des salariés sont des ouvriers. Les professions intermédiaires représentent 17% des effectifs et les cadres 16%.

Démographie des entreprises de plasturgie en France

Source : Observatoire de la Plasturgie et des Composites de l’Opco2i, 2020

Sur les six dernières années, le nombre de créations d’entreprises dans la plasturgie se site autour de 140, avec un rebond important en 2020. En effet, 130 entreprises de plasturgie avaient été créées en 2015 selon les données publiques de l’INSEE, puis 145 en 2017. 257 entreprises de plasturgie ont été créées l’année dernière.

Le nombre de défaillances d’entreprise demeure toutefois plus important, avec 3 à 4 défaillances pour une création en moyenne chaque année. Le nombre d’entreprises de la plasturgie a globalement diminué entre 2015 et 2018. Au-delà de la démographie des entreprises, la période a été marquée par des regroupements industriels et financiers. La plasturgie connaît un nombre important de rachats, notamment par des groupes internationaux, qui s’intéressent aux entreprises les plus performantes. Cette tendance risque de s’aggraver avec la crise sanitaire.

Le taux de marge brute d’exploitation de la filière s’établit à 6,3% en 2018. Les plasturgistes français ont également investi un peu plus de 14% de la valeur ajoutée de leur production en 2016. Face à une conjoncture difficile et incertaine, les plasturgistes ont tendance ces dernières années, lorsque cela est possible, à réduire leur taux d’endettement pour baisser le besoin en fonds de roulement et ainsi améliorer la structure des bilans. Il ne s’agit pas seulement de frilosité de la part des industriels, certains signes montrent que le marché des financements moyen terme fonctionne mal avec des phénomènes de rationnement du crédit.

2018 marquait également le début du recul des investissements de la plasturgie française. Le taux d’investissement est en effet passé de 16% en 2015 à 14% en 2018, selon le Panorama de la Plasturgie. Cette tendance est d’autant plus préoccupante que ses voisins européens ont tendance à investir de plus en plus, notamment dans leurs parcs machines. C’est par exemple le cas de l’Italie, avec un taux d’investissement de 14,3% en 2015 contre 17,7% en 2016.

La crise sanitaire a également participé à la remise en question de certains investissements. 39% des plasturgistes français ont ainsi déclaré avoir annulé leurs investissements dans l’événementiel en 2020, contre 38% qui les ont reportés 5. 25% des entreprises interrogées annonçaient également avoir reporté leurs investissements relatifs à la maintenance de leurs parcs machines, à la robotisation de leurs usines, à l’augmentation de leurs capacités de production ou à l’installation de nouvelles machines. 5% déclaraient les avoir tout simplement annulés. 72% des plasturgistes ont cependant indiqué vouloir maintenir leurs investissements de R&D malgré la crise, et 73% prévoient de continuer à investir dans l’intégration de matières plastiques recyclées.