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12 avril 2021

Interview de la FIEEC, fédération des industries électriques et de la communication

Anne-Charlotte Wedrychowska, Directrice Economie Circulaire et RSE de la FIEEC à accepté de répondre à nos questions.

Pouvez-vous nous présenter la FIEEC en quelques mots ?

La Fédération des Industries Electriques, Electroniques et de Communication (FIEEC) rassemble 28 syndicats professionnels représentatifs de chacune des 3 filières d’activité. Ensemble, ils regroupent près 2000 entreprises, qui emploient près de 430 000 salariés et réalisent plus de 107 milliards d’euros de chiffre d’affaires (dont 29 % à l’export). Forte du soutien de ces organisations sectorielles, la FIEEC oeuvre au quotidien pour promouvoir les industries qui développent les solutions, produits et services apportant des réponses pertinentes aux marchés d’avenir liés à la mobilité, au bâtiment, au vieillissement de la population ou encore aux objets connectés. A la fois structurantes et transformatives, elles irriguent la dynamique industrielle française et constituent l’un des moteurs du progrès sociétal et économique, au service de l’emploi et de la croissance.

Quelle est la situation des industries électriques, électroniques et de communication dans la conjoncture actuelle de crise sanitaire et économique ?

Sur ces 3 derniers mois, nous constatons un impact important sur l’activité de nos industries : une baisse moyenne de 10% de leur taux d’activité par rapport à la même période l’année précédente. Derrière cette moyenne se cachent des situations bien disparates entre les secteurs électriques, électroniques et numériques : l’impact de la crise est particulièrement inégal. Les raisons de ces difficultés sont multiples. Elles s’expliquent par exemple par la commande publique qui accuse une baisse importante. Sur ce sujet, la FIEEC appelle vivement à une reprise, en particulier du côté des collectivités. D’autres commandes, plutôt privées, sont aussi reportées en particulier sur les secteurs soumis aux restrictions sanitaires (hôtellerie, restauration…). Enfin, comme pratiquement tous les secteurs économiques, la crise sanitaire pose un certain nombre de difficultés en matière de Ressources Humaines, avec de l’absentéisme lié à la procédure des « cas contacts ». Des difficultés en matière d’approvisionnement en composants ont également pu être constatées, affectant la chaine de production. La période traversée est donc complexe, mais la confiance demeure présente pour retrouver dès cette année le niveau d’activité d’avant-crise.

Quels sont les enjeux de vos entreprises à moyen terme ?

Notre profession a développé une expertise reconnue depuis de nombreuses années qui vient accompagner la transition numérique et le renforcement des exigences environnementales françaises et européennes sur les produits. Cette expertise trouve son application concrète dans plusieurs domaines :

  • La production durable avec le développement de l’écoconception des produits et l’intégration des règlementations substances. Notre profession travaille de longue date sur la réduction des impacts générés par les produits tout au long de leur cycle de vie soit de façon volontaire, soit dans un cadre réglementaire. Cette prise en compte permet une utilisation efficace des ressources (miniaturisation, réduction des poids matière dans les produits, amélioration de l’efficacité énergétique, ou encore d’intégration de plastiques biosourcés ou de matières recyclées (métaux et/ou plastiques).
  • La consommation durable et l’utilisation responsable : les acheteurs et les utilisateurs ont un rôle majeur à jouer dans le cadre de l’économie circulaire que ce soit au niveau du choix des produits, de leur mise en oeuvre et utilisation, de leur maintenance ou de la gestion de leur fin de vie. Conscients de cet enjeu, les industriels accompagnent les consommateurs et les utilisateurs en leur fournissant les informations nécessaires à la prise en compte de l’économie circulaire.
  •  La prévention des déchets : notre profession s’implique sur la prévention des déchets avec de nombreuses initiatives et collaborations sur l’allongement de la durée d’usage des produits (écoconception, réparation ; maintenance évolutive et/ou curative ; remanufacturing ou réemploi des équipements).
  • La fin de vie des produits électriques et électroniques : la FIEEC participe activement depuis 15 ans à la mise en place de l’économie circulaire à travers les filières de Responsabilité Elargie du Producteur (REP) relatives à son secteur (Déchets d’équipements Electriques et Electroniques, piles et accumulateurs & déchets de piles et accumulateurs, emballages ménagers et papiers graphiques).
  • La transition numérique : la FIEEC participe activement à la numérisation de notre économie et de notre société, au bénéfice des citoyens, entreprises et administrations. Infrastructures numériques indispensables (très haut débit en fibre optique et 5G), industries électroniques (composants et cartes électroniques…), valorisation des données et intelligence artificielle, cybersécurité…autant de domaines où les industries numériques excellent au service des nouveaux usages. Face à de nouveaux marchés, de plus en plus technologiques et évolutifs, nos industries déploient également des solutions d’avenir basées sur des procédés toujours plus innovants, notamment en matière de mobilité durable, de smart home et de smart building ou encore d’Industrie du futur. Fortes de 8% de leur chiffre d’affaires dédié à la R&D, nos industries d’excellence française innovent en permanence pour faire face à ces grands enjeux !

En quoi les plastiques et les composites sont-ils des matériaux indispensables pour votre secteur ?

Le développement des produits du secteur électrique et électronique a accompagné celui des matières plastiques. De nombreux produits du secteur sont nés avec les matières plastiques et n’existeraient pas sans elle. Aujourd’hui, les plastiques représentent en moyenne 15% du bilan matière des EEE, toutes catégories confondues. Les principales résines utilisées dans le secteur sont : le polyéthylène ; le polypropylène, l’ABS, le Polystyrène et le polycarbonate. Pour les équipements électriques et électroniques, deux types de matériaux sont essentiels au bon fonctionnement des produits : les matériaux conducteurs électriques (pour transporter l’énergie et l’information) et les matériaux isolants électrique et thermique (pour garantir la sécurité des utilisateurs). Les plastiques et composites cumulent ces propriétés de :

  • Résistance au feu, naturelle ou par ajout de retardateurs de flammes.
  • Aptitude au moulage, ce qui permet une grande liberté de conception.
  • Large possibilité de décors, tant sur la couleur que sur les revêtements de surface.

Ces qualités les rendent donc indispensables à nos produits. D’autre part, les plastiques et composites développés pour les applications de nos secteurs ont des caractéristiques environnementales qui sont en phase avec la recherche de durabilité que nos industriels souhaitent promouvoir : une longue, voire très longue durée de vie, des impacts environnementaux limités, le développement de solutions circulaires.

Qu’attendent les entreprises de votre secteur de leurs fournisseurs plasturgistes ?

Pour nos industriels, la qualité des matières et le niveau de services sont des enjeux majeurs pour leur permettre de développer des produits sûrs et performants. Ils attendent une démarche environnementale globale de leurs fournisseurs axée sur les points suivants :

  • Permettre le choix de matériaux éco-responsables.
  • S’assurer de l’optimisation du process de transformation afin de limiter les pertes énergétiques et les pollutions.
  • S’assurer de la limitation des déchets lors de la production.

De manière générale, leurs attentes par rapport à leurs fournisseurs plasturgistes sont les suivantes :

  • Techniques : les fournisseurs de matières doivent pouvoir accompagner les industriels du secteur dans le développement de leurs offres plus digitales, plus compactes, mais aussi plus exigeantes en termes de performance et d’enjeux environnementaux.  
  • Environnementales : les industriels du secteur des EEE attendent des données environnementales plus précises afin de leur permettre de réaliser des analyses de cycle de vie pertinentes ou d’améliorer les analyses existantes : flux des matières premières ; impacts environnementaux (CO2, consommation de matière, …) nomenclature des produits… afin d’orienter les choix techniques vers les solutions les plus favorables et les fournisseurs pertinents.

Ils attendent une conformité aux règlementations substances (reach, Rohs, halogènes). En ce qui concerne le recours au recyclé : à ce jour, les solutions démontrées comme les plus intéressantes du point de vue de la baisse de CO2 embarqué dans les produits utilisant des plastiques sont les matières recyclées (recyclage mécanique). Les industriels du secteur souhaitent donc que ces offres soient multipliées et sécurisées dans leur disponibilité et la constance de leurs caractéristiques, tout en respectant leurs attentes par ailleurs leurs attentes ci-dessus. Les industriels souhaitent développer avec leurs fournisseurs plasturgistes des plastiques techniques, issus autant que possible de l’économie circulaire et des filières de recyclage performantes dans un contexte normatif mondial contraignant. Ce point sera primordial et différenciant dans un futur proche et donnera des opportunités à de nouveaux acteurs sur nos marchés.