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13 mai 2022

L’atout bas carbone du plastique, à l'épreuve des faits

L’affirmation de l’atout bas carbone du plastique doit tout d’abord être mise à l'épreuve des faits. Aussi, dans une première partie, nous nous interrogeons pour savoir si un monde sans plastique est possible, avant d’évoquer les alternatives écologiques au plastique et de conclure sur l’idée que le plastique est bel et bien une matière précieuse.

Un monde sans Plastique 

Pour tenter d’apporter des éléments de réponse à ces questions, il convient de rappeler que les polymères sont des matériaux innovants et incomparables, qui ont révolutionné la production industrielle et permis des avancées remarquables dans de nombreux secteurs :

  • Dans l’aéronautique en particulier, les matériaux composites sont souvent bien plus performants que les matériaux qu’ils remplacent. 
  • Dans l’industrie automobile, les plastiques ont révolutionné la fabrication, les performances, la sécurité et la fonctionnalité des voitures.
  • En optique, les matières plastiques offrent une esthétique et un confort incomparables et optimisent la sécurité et les performances des verres correcteurs.
  • Dans le domaine de la santé, les dispositifs médicaux, seringues, cathéters, poches physiologiques, respirateurs, prothèses en matière plastique sont absolument nécessaires pour le secteur médical, en garantissant sécurité, hygiène et compatibilité avec le corps humain.
  • De nombreux produits du secteur électrique et électronique sont nés avec les matières plastiques et n’existeraient pas sans elles.
  • La production d’énergies renouvelables ne peut se passer des polymères. 
  • Enfin, dans la construction, les matériaux plastiques sont essentiels et dans l’alimentaire, le plastique, matériau léger par rapport au verre et au métal, permet d’importantes réductions d’émissions de CO2 dans les phases de transport.

Nul doute que les matières plastiques offrent de multiples bénéfices au quotidien. Ils restent indispensables dans beaucoup de secteurs (alimentation, transport, santé, bâtiment, etc.) et de nombreuses recherches et innovations visent à des polymères du futur plus intelligents avec un meilleur contrôle en fin de vie.

Forts de ce constat, les contributeurs du Livre blanc se sont interrogés sur la possibilité de remplacer le plastique par d’autres matériaux.

Quelles alternatives écologiques au plastique ? 

En effet, différentes démarches tentent de proposer des alternatives aux plastiques. Mais cela n’est pas si facile qu’il n'y paraît : il faut non seulement parvenir à obtenir les propriétés matérielles du plastique, mais également tenir compte du bilan énergétique et écologique de la production de ces matériaux afin de créer un substitut qui soit convaincant sur toute la ligne.

Techniquement, substituer d’autres matériaux au plastique n’est pas toujours possible, ni même souhaitable d’un point de vue sanitaire, économique ou même écologique et notamment si l’on compare l’impact environnemental des différents matériaux en phase de production, ainsi qu’en phase d’utilisation.

Si des alternatives verre, aluminium ou papier sont possibles pour les biens de consommation courante et plus spécifiquement pour la question des emballages, il est toutefois indispensable de prendre en compte leur impact environnemental global, c’est-à-dire l’ensemble des impacts environnementaux d’un produit, de sa fabrication à sa destruction. Et il en ressort que si on compare le bilan carbone des produits selon le type de matériau utilisé, en prenant en compte tout le cycle de vie des produits, contrairement aux idées reçues, les plastiques, y compris pour les emballages, affichent souvent les meilleures performances en termes d’économies de ressources et d’émissions de CO2. Au surplus, l’usage de matières plastiques recyclées (MPR) contribue à réduire l’impact environnemental (en termes de consommation d’eau et d’énergie) tout en limitant les risques d’approvisionnement.

En définitive, le plastique a encore de la ressource. Reste à savoir comment le plastique peut contribuer à l’émergence d’un nouveau modèle ?

Le plastique une matière précieuse 

Si le modèle économique traditionnel et linéaire (produire, consommer, jeter) a atteint ses limites et ne répond pas à nos enjeux de préservation de notre planète, un nouveau modèle émerge, celui d’une économie circulaire où les biens et services sont produits de façon plus respectueuse de l’environnement, en limitant la consommation de matières premières et d’énergie ainsi que la production de déchets par la réparation, le reconditionnement, la revente, le réemploi, le recyclage.

Mais pour parvenir à rendre tous les plastiques usagés recyclables, l’amélioration du tri et de la collecte est essentielle. Car le plastique est précieux et il a encore beaucoup à nous apporter. Par essence recyclable, il n’est pas condamné à devenir un déchet mais bien à rester une ressource en s’intégrant dans la boucle vertueuse de l’économie circulaire grâce au réemploi, à l’optimisation de la collecte, du tri, du recyclage ou de la valorisation. Et dans cette chaine vertueuse, consommateurs, recycleurs, industriels et pouvoirs publics sont des maillons déterminants.

Certes, la question du recyclage est complexe puisqu’elle mobilise un grand nombre d’acteurs. Nous, transformateurs, n’intervenons qu’en début de chaîne puis, si le cycle a bien fonctionné, en toute fin de chaîne pour retransformer le plastique. Depuis plusieurs années maintenant, la filière plasturgie est en ordre de bataille pour impulser les changements nécessaires. Et la naissance de Polyvia renforce précisément cette dynamique structurelle de la filière, avec une vraie culture de l’engagement.