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Prix du plastique et Forces Majeures

27 juillet 2022

Polymères : le point sur les Forces Majeures et les arrêts de production

La pétrochimie européenne est encore sous le coup de plusieurs cas de Force Majeure, alors que la rentrée s’accompagne de plusieurs cycles de maintenance. Si l’impact de ces arrêts est moindre pour certains matériaux, comme les polyoléfines, il est d’autant plus paralysant pour le PET.

Quelle direction pour les prix du plastique dès septembre 2022 ?

Le marché européen des polymères n'en finit pas d'être perturbé. Après avoir connu une période catastrophique entre 2020 et 2021, durant laquelle les cas de Force Majeure et les arrêts de production se sont multipliés, les plasturgistes sont désormais confrontés à l'impact de la hausse des coûts énergétiques sur les prix et la production de polymères en EUrope. 

Les plasturgistes, qui ont affronté des conditions extrêmes pendant plus d’un an, tant en termes de prix que de pénuries de matériaux, s’attendaient à ce que la rentrée 2021 se traduise par un apaisement des tensions, au moins pour certains polymères.

La situation semble effectivement se tasser pour les commodités, comme le polyéthylène (PE), le polypropylène (PP), le PET ou le polystyrène. Le calme n'a cependant pas duré.

Les tensions sur l'offre ont persisté pendant l'automne et l'hiver 2021, et les fournisseurs ont fait leur possible pour ne pas céder de baisses de prix trop importantes. Les adhérents de Polyvia témoignaient d'ailleurs à l'époque de l'incertitude qui régnait déjà sur les différents marchés des polymères, notamment en raison de la première crise de l'énergie. 

Vous pouvez en savoir plus sur l'impact des pénuries de matières et les hausses de prix sur la plasturgie française en consultant le Panorama 2020/2021

Le déclenchement du conflit russo-ukrainien a rapidement mis fin à tout espoir de retour au calme sur le marché européen de la pétrochimie. La guerre en Ukraine s'est en effet traduite par une nouvelle flambée des prix de l'électricité et du gaz naturel et menace également d'encourager certains producteurs de polymères à réduire, voire à arrêter leur production

L'ensemble de ces facteurs ont tirés les prix du plastique vers des sommets, si bien que l'Europe est devenue une région particulièrement attractive pour les fournisseurs basés ailleurs dans le monde. Importer des volumes s'avère cependant compliqué, et ce même si ces derniers sont proposés à des prix attractifs. Il est en effet toujours difficile d'affreter des conteneurs, et le coût de la location de ces derniers peut être rébarbatif. Il faut également compter sur un allongement conséquent des délais de livraison causé par les pénuries de conteneurs et de porte-conteneurs pour les transporter, l'engorgement des ports européens, les pénuries de chauffeurs routiers et... les pénuries de palettes !

Alors, quelle direction les prix du plastique vont-ils suivre à la rentrée 2022 ?

Un plateau pour les polyoléfines

Les prix du PE et du PP ont commencé à baisser au début de l'été, bien que le montant des réductions demeure limité. Les fournisseurs cherchent en effet à préserver leurs marges, et invoquent régulièrement les coûts élevés de l'énergie pour éviter d'avoir à reporter la chute des cours des monomères dans sa totalité. 

Les problématiques liées à Nord Stream 1, qui a fait l'objet d'une maintenance en juillet 2022, laissent cependant entendre que la situation pourrait s'inverser à la rentrée 2022. Le risque est d'autant plus important que les livraisons de gaz naturel russe acheminées via ce pipeline ont été sensiblement réduites une fois sa maintenance achevée.

La direction que prendront les prix de ces plastiques dépendra étroitement de la demande pour ces derniers.

Des baisses de prix pour le PS

La situation est bien différente pour le marché du polystyrène. Le cours du monomère n'a en effet de cesse d'augmenter, et les hausses qu'il enregistre sont conséquentes. L'instabilité des marchés de l'énergie laisse par ailleurs supposer que cette tendance n'est pas près de s'inverser.

Les prix du PS continuent donc à augmenter, et ce malgré le fait que la demande soit faible et que l'offre ait un niveau normal. Les fournisseurs rencontrent déjà des difficultés à reporter l'intégralité de la hausse du cours du styrène sur leurs prix.

Il est donc possible que les hausses de prix persistent à la rentrée pour ce polymère, mais qu'elles soient moindres que celles du cours du monomères.

Tensions en vue sur le PET

Pour le PET, l'été s'accompagne généralement par un sensible rebond de la demande, portée notamment par le segment des boissons. L'été 2022 n'échappe pas à la règle, en comparaison à l'été 2021 qui s'était avéré moribond. Les prix du PET ont donc recommencé à augmenter dès juin 2022.

Juillet s'est quant à lui assorti de perturbations notables, avec la rumeur d'un cas de Force Majeure déclaré sur un site néerlandais majeur. L'annonce d'un autre producteur de PET, qui compte quant à lui réduire sa production à compter du 29 juillet 2022, est également de mauvais augure. Il faudra également compter sur de nombreux cycles de maintenances dès cet automne. 

Le marché européen du PET se dirige donc vers un été et une rentrée pertubées au niveau de l'offre. Les prix pourraient donc augmenter, car également soutenus par la hausse attendue des coûts énergétiques.

Connectez-vous à l'espace adhérent pour consulter la liste des Forces Majeures et les arrêts de production.

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