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08 avril 2021

Rencontre avec Seydou Ouattara, Président du comité régional de Nouvelle-Aquitaine

Président du tout nouveau comité régional de Nouvelle Aquitaine, Seydou Ouattara, originaire du Nord de la France est dirigeant de l’entreprise Sur-film Packaging, implantée en Charente-Maritime. Il partage avec nous son expérience d’entrepre-neur et son engagement au sein de Polyvia.

Pouvez-vous nous parler un peu de vous et de votre parcours professionnel ?

J’ai 53 ans, je suis marié et père de trois enfants. Je suis Président de la société Surfilm Packaging que j’ai rachetée en 2017. Auparavant j’étais Vice-Président du groupe RKW, en charge de la division film technique du groupe allemand. Ma responsabilité monde englobait 8 sites de productions. Je suis de formation ingénieur en système industriel (ISEN Lille) et docteur en automatisme des systèmes. J’ai débuté ma carrière comme contrôleur de gestion puis directeur financier de la société REMY, rachetée en 2000 par le groupe RKW. J’ai eu l’opportunité d’évoluer pour devenir directeur financier France pour le groupe, puis directeur général.

Qu’est-ce qui a été décisif pour vous dans le choix de devenir chef d’entreprise ?

J’ai toujours aimé la technique. D’ailleurs, la finance d’une certaine manière, c’est de la technique. J’avais la volonté de devenir dirigeant propriétaire, car j’ai toujours eu cette fibre d’entreprenariat en moi. En tant que Vice-Président chez RKW, j’ai eu l’opportunité de mener des opérations de fusion-acquisition pour deux unités de production aux Etats-Unis. Cela m’a donné le goût d’aller beaucoup plus loin, à mon propre rythme. Mon entreprise Surfilm Packaging est basée en Charente- Maritime, à 7 kms de Royan. Elle réalise 15 M d’euros de chiffres d’affaires et emploie 70 personnes. Nos métiers sont : la conception, la fabrication et la commercialisation de solutions de packaging par l’extrusion-gonflage, l’impression en flexographie et la confection de sacs.Nous transformons 3 types de matériaux : le polyéthylène vierge basse densité, les matières recyclées et les matières compostables. Nos marchés sont les GMS, les industries de l’agro-alimentaire et les équipements de protection individuelle (EPI).

Comment se passe votre quotidien de plasturgiste en ce moment ?

Au départ, pour moi c’était une aventure très excitante qui devient de plus en plus complexe compte-tenu des changements et des évolutions législatives qui sont un frein à l’innovation. Nous recevons des messages contradictoires, celui qui nous pousse pour une plus grande intégration de MPR et celui des utilisateurs/donneurs d’ordre qui veulent sortir du plastique.

Au sein de mon entreprise, ce que nous fabriquons est à base de MPR à plus de 50%. Par ailleurs, en plus du changement de braquet des donneurs d’ordre qui cherchent à sortir du plastique, avec la crise sanitaire, nous avons connu une baisse d’activité de plus de 10% en 2020.

Pourquoi vous êtes-vous engagé en tant que Président de comité régional ?Qu’est-ce-que cela signifie pour vous ?

Ce mandat a une double signification pour moi. Il me permet de faire connaître notre métier. Aujourd’hui les plasturgistes ne sont pas les mieux considérés... C’est l’opportunité d’avoir une caisse de résonance pour porter le message que le plastique n’est pas aussi négatif, de pouvoir influencer et faire comprendre qu’il ne faut pas opposer le plastique et les autres matériaux. Chaque matériau a sa place. Il me semble important que les collectivités assument leur rôle. Le premier pollueur c’est quand même l’utilisateur. Si nous avions un réseau de collecte, de tri et de recyclage performant, nous ne parlerions pas d’un problème plastique. L’être humain est parvenu à transformer une avancée technologique et sociétale en problème, c’est quand même le comble !Si tout le monde décidait de mettre la bonne volonté on ne parlerait plus en mal du plastique. Quand on sait que le plastique a fait faire des bonds phénoménaux pour la conservation des aliments, pour la lutte contre le gaspillage alimentaire. Pour moi Polyvia est une superbe aventure parce qu’en partant de différents syndicats régionaux, de différentes « chapelles », nous avons aujourd’hui une structure unifiée qui veut parler au nom de tous les transformateurs et qui pourra être écoutée à ce titre. Ma volonté est de cheminer avec des confrères au service de nos entreprises et de nos salariés

En quoi est-il important selon vous pour une entreprise d’adhérer à un syndicat professionnel ?

L’union fait la force. Rejoindre Polyvia, c’est rejoindre plus de 1300 entreprises et leurs salariés, c’est une possibilité pour trouver de l’écho auprès des élus. Polyvia a une force de frappe que l’on ne peut pas avoir tout seul. Et puis les experts apportent un soutien, c’est un apport de valeur très important.

Quels sont pour vous les grands enjeux pour la plasturgie et notamment en Nouvelle-Aquitaine ?

Les grands enjeux auxquels nous avons à faire face pour lutter contre le « plastique bashing » c’est de convaincre les autorités : le plastique n’est pas un problème mais une solution à un grand nombre de problèmes. Notre profession a besoin de mener une transformation en profondeur de nos organisations, de nos équipements pour être plus performants industriellement et économiquement. Nous devons avoir une approche encore plus vertueuse de la transformation des matières plastiques. En Nouvelle-Aquitaine, plus particulièrement, il est nécessaire aussi de faire comprendre aux gens que le déchet plastique est une ressource. Nous avons encore beaucoup de collectes en Nouvelle-Aquitaine qui indiquent que le plastique n’est pas recyclable : c’est un changement culturel dont nous avons besoin. Il y a aussi un enjeu fondamental aujourd’hui qui consiste à éviter d’opposer le plastique aux autres matériaux. Ce qu’il faut c’est le juste emballage. Le bon contenant pour un produit. Lorsque je discute avec certains acheteurs, j’ai le sentiment que des décisions dogmatiques viennent du top management. D’autres donneurs d’ordre sont plus à l’écoute de l’utilisation de matériaux recyclables et contenant du recyclé, car pour eux il n’y a pas d’alternative crédible au plastique pour leur produit.