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Tendances de prix du plastique en 2022

17 janvier 2022

Prix du plastique : les prévisions pour 2022

2020 et 2021 : voilà deux années noires qui resteront gravées dans la mémoire des plasturgistes français comme européens. Caractérisées par de graves pénuries de matériaux et par l’explosion des prix des polymères, les séquelles qu’elles ont laissées derrière elles risquent encore de perturber la filière en 2022. De nombreux signaux laissent en effet penser que les prix du plastique vont continuer à augmenter, ou au moins se maintenir à des niveaux très élevés.

Les Forces Majeures et les arrêts de production persistants, les cycles de maintenance qu’il faut d’ores et déjà anticiper, la rareté de certains grades, l’absence cruelle d’importation, la crise de l’énergie, une pandémie qui n’en finit pas… Voilà autant de causes de souffrance pour les industriels, qui peinent à se fournir en polymères à des prix raisonnables et en quantités suffisantes.

Pour de nombreux adhérents de Polyvia, l’enjeu principal n’est pas d’acheter leurs matériaux à un niveau de prix correct, mais de sécuriser leurs approvisionnements alors que les pénuries de plastique font rage. Une tâche compliquée par l’insuffisance de l’offre de certains polymères et les allocations* de volumes en raison de la hausse des coûts de production et logistiques de leurs fournisseurs.

Cette situation déplorable, qui découle de facteurs structurels et conjoncturels, sinon mondiaux, européens, échappe au contrôle des plasturgistes. Réaliser des prédictions d’évolution de prix dans un tel contexte est donc un exercice ardu. Alors, dans quelle direction les prix du plastique vont-ils se diriger en 2022 ? Le service Performance économique de Polyvia prédit une tendance haussière, au moins pour le premier semestre de cette année, et le maintien des prix à des niveaux élevés.

 

Pourquoi les prix du plastique augmentent-ils ?

2020 a été le théâtre de nombreux rebondissements, la pandémie étant directement ou indirectement responsable de la plupart d’entre eux. On se souviendra notamment des différents confinements et mesures sanitaires qui ont heurté la production industrielle mondiale et les flux commerciaux internationaux, mais aussi des nuées de cas de Forces Majeures en Europe et ailleurs, des autres arrêts de production et de l’interruption des importations de polymères.

Pourquoi y a-t-il des pénuries de plastique ?

 

Arrêts de production de polymères et Forces Majeures
Types d'arrêts de production en Europe Février 2021 Novembre 2021 Décembre 2021
Nombre de Forces Majeures sur les monomères 7 15 18
Nombre de Forces Majeure sur les polymères 22 29 23
Nombre de maintenances sur les monomères X 15 9
Nombre de maintenances sur les polymères 7 7 8
Nombre d'arrêts sur les monomères 14 20 27
Nombre d'arrêts sur les polymères 26 27 34

Arrêts de production de polymères et Forces Majeures : un problème qui persistera en 2022

Ce tableau reprend des données issues des travaux de veille du service Performance économique de Polyvia

Les arrêts de production auront été nombreux en 2021. Leur recrudescence s’est traduite par de fortes hausses de prix, et ce sur l’ensemble des polymères, qu’il s’agisse de grades de commodité (PE, PP, PVC, PS) ou de plastiques techniques (PA, POM, PBT, PMMA…).

Les prix du PVC sont probablement ceux qui ont augmenté le plus fortement, puisqu’ils ont doublé entre mai 2020 et octobre 2021. Les PE et les PP ont eux aussi enregistré de fortes hausses, tout comme le PS. Les prix des polymères techniques ont commencé à augmenter plus tardivement, mais ils ont néanmoins atteint des records historiques, comme le montre le tableau ci-dessous.

 

Quel cours pour le plastique en 2021 ?

Evolution des prix du plastique en 2021
Polymère Prix bas BMP €/t Prix haut BMP €/t Moyenne BMP €/t Moyenne européenne €/t Evolution des prix BMP entre mai 2020 et octobre 2021
PEBD 1378 2210 1957 2115 +88.6%
PEHD

1420

2200 1797 1772 +69%
PPH 1527 2400 1980 1984 +61.7%
PVC-e 2000 2220 2295 2164 +108%
PS GP 1200 2000 1758 2383 +62%
PET 1140 1405 1325 1365 +39.3%
PA 6 naturel 2990 4000 3472 3575 +60.7%
PA 6.6 naturel 4470 6010 5641 6222 +41.8%

Les données présentées dans ce tableau sont issues du Baromètre des Matières Plastiques, une enquête bimestrielle menée par Polyvia auprès de ses adhérents. Le BMP reflète des moyennes de prix françaises. Les prix bas et hauts présentés dans ce tableau sont des prix d'achat pour des camions complets de polymères. La moyenne BMP prend également en compte les prix palettes, et les prix pour les demi-camions. Les données présentées ci-dessus sont celles de l'édition d'octobre 2021 du BMP.

 

Février-Mars 2020 : genèse d’une crise

Le monde et l’Europe se confinaient entre février et mars 2020. Les mesures sanitaires adoptées par différents pays ont engendré d’innombrables fermetures d’entreprises car leur activité n’était pas considérée comme essentielle par les autorités. La demande de polymère a donc fortement et rapidement chuté, en Europe comme ailleurs.

Plusieurs sites pétrochimiques européens ont également procédé à l’arrêt de certaines lignes, ou ont opté pour le ralentissement de leur rythme de production. Il s’agissait d’une part de limiter les effectifs sur site afin de limiter la propagation du virus, mais également de s’adapter aux besoins de polymères en aval de la chaîne, revus sensiblement à la baisse.

De nombreux sites pétrochimiques européens sont en revanche vieillissants, et donc plus exposés aux défaillances techniques. Une fois le premier confinement levé, les redémarrages de certains d’entre eux se sont avérés difficiles, avec la survenue de pannes ou d’incendies. S’en est suivie une nuée de déclarations de cas de Forces Majeures et d’arrêt de production non-notifiés comme tels.

Le mois de février 2020 a également été le théâtre d’une vague de froid historique qui a paralysé la pétrochimie du Golfe du Mexique. Cet événement climatique a signé la fin des importations de polyoléfines produites aux Etats-Unis. Cette interruption a encore cours aujourd’hui.

Reprise économique : la grande bascule

Le déconfinement de la fin du printemps 2020 s’est caractérisé par une reprise économique encourageante pour de nombreux secteurs industriels européens, comme ceux de la construction, de l’électroménager, de la grande consommation ou encore de l’automobile. La demande de polymères de la région a donc rapidement progressé, et les stocks des pétrochimiques ont commencé à fondre.

Les contraintes sanitaires et les pénuries qui commençaient à apparaître ailleurs dans le monde ont, dans certains cas, empêché, et dans d’autres ralenti, les importations de polymères en Europe. C’est le début des pénuries de plastique. Ce déséquilibre flagrant entre l’offre et la demande a rapidement entraîné l’explosion des prix des polymères détaillée dans le tableau ci-dessus.

On espérait un tassement de la situation pour le second semestre 2021, soit dès juin de l’année passée. Il a finalement fallu attendre la rentrée pour percevoir un début d’apaisement, mais celui-ci a rapidement été contrarié par les annonces d’application de « surcharges énergétiques » sur les commandes de nombreux polymères du mois de novembre dernier. Les résultats de l’enquête de Polyvia sur l’impact des surcharges énergétiques sur les prix du plastique sont édifiants. La fin d’année semble s’être accompagnée de rollovers** pour de nombreux polymères, mais plusieurs producteurs ont annoncé des hausses de prix pour le début 2022, en particulier pour les plastiques techniques.

Les conditions d’approvisionnement n’ont guère été meilleures pour les acheteurs de matières plastiques recyclées. En effet, les prix des déchets plastiques post-industriels et post-consommation ont eux aussi sensiblement augmenté - les matériaux vierges étant plus coûteux et les déchets plus rares. Cette hausse de prix du plastique recyclé s’explique également par le rebond de la demande pour ces matériaux. L’explosion des prix des polymères vierges a en effet incité de nombreux plasturgistes européens à favoriser les matières plastiques recyclées lorsque cela était possible.

Prix du plastique : une crise sans précédent

Cette crise, bien plus longue que les précédentes, et caractérisée par des hausses de prix historiques, tant pour les plastiques vierges que recyclés, est riche en enseignements. Ceux-ci ne sont en revanche pas de bon augure pour les plasturgistes.

Polymères : les affres du fret maritime

La pandémie a en effet souligné la dépendance européenne aux industries pétrochimiques basées ailleurs dans le monde, et a également accéléré le changement de stratégie des pétrochimistes en Europe. L’offre des fournisseurs locaux ne suffit pas à couvrir les besoins de la filière plasturgiste européenne, et les industriels sont souvent contraints d’importer des volumes. L’interruption des flux commerciaux internationaux en 2020, puis leur ralentissement suite aux premiers confinements, sont donc particulièrement problématiques pour les plasturgistes européens.

La crise du fret maritime n’est d’ailleurs pas près de toucher à sa fin, la plupart des experts prédisant le maintien des difficultés et des hauts niveaux de prix sur toute l’année 2022. On avait bien observé une accalmie au milieu de l’automne 2021 avec la stagnation des tarifs pour certains trajets, voire des baisses de prix pour certains. A noter que les trajets retours sont généralement peu coûteux (autour de 1500 dollars) quand l’aller est pour l’Europe. Les allers simples sont en revanche proposés à des prix exorbitants : 14 000$ environ pour un aller simple vers l’Europe de l’Ouest depuis la Chine et 12 – 13 000$ depuis les Etats-Unis.

La progression du variant Omicron a depuis perturbé l’organisation du fret maritime international. Le gouvernement chinois a en effet récemment décidé de fermes les ports de Ningbo et Shanghai. 120 porte-conteneurs, transportant 600 000 EVP, attendraient encore d'entrer dans ces deux ports pour y être déchargés.

Il semblerait également que 200 membres d'équipages de navires circulant actuellement sur le fleuve Yangtze aient été placés en quarantaine, ce qui signifie que de nombreux autres porte-conteneurs sont immobilisés.

La situation est également délétère en Europe et aux Etats-Unis, où les ports majeurs (Rotterdam, Anvers, Los Angeles) sont engorgés et reçoivent plus de porte-conteneurs qu’ils n’en voient partir. Il faut également tenir compte des pénuries de chauffeurs routiers et de dockers, qui participent à l’allongement des délais de livraison.

 

Des approvisionnements de plastiques trop dépendants du reste du monde

Si les différents maillons de cette crise hors du commun sont conjoncturels, les failles qui ont causé leur apparition sont en revanche structurelles. La pandémie remet en cause le modèle économique mondial, mais aussi celui de la pétrochimie européenne.

La crise du fret international prouve que la mondialisation est en vérité un système fragile, or la plasturgie européenne dépend étroitement des filières pétrochimiques basées ailleurs dans le monde.  Les installations du vieux continent sont en effet vieillissantes, et les producteurs de plastiques ont tissé des liens étroits avec des fournisseurs hors-Europe pour s’approvisionner en monomères. A cela s’ajoute le fait que l’offre européenne de polymères est presque systématiquement déficitaire…

Les phénomènes de pénuries observés en Europe pour la plupart des matériaux ont donné lieu à des appels à la relocalisation. Adopter une telle stratégie parait difficile pour la pétrochimie, car le cadre réglementaire européen ne mise par sur la production de polymères vierges. Investir dans leur production, à travers la modernisation des sites déjà existants ou l’installation de nouveaux complexes pétrochimiques, est une tâche coûteuse et risquée.

Les acteurs européens s’engagent donc un peu plus dans la voie de l’économie circulaire, pour certains en misant sur le recyclage chimique, et pour d’autres en investissement dans le plastique biosourcé. PlasticsEurope révélait en mai dernier que ses adhérents comptaient investir 2,6 milliards d’euros dans le recyclage chimique du plastique d’ici à 2025, et 7,2 milliards d’euros d’ici à 2030. Il est probable que ces chiffres aient augmenté depuis.

 

Chiffres sur la consommation de plastique en Europe

Les tendances de prix du plastique en 2022

Les prédictions ci-dessous découlent des constats suivants :

  • Les pénuries risquent de perdurer encore plusieurs mois, en particulier pour les polymères techniques et le PVC
  • L’équilibre retrouvé entre l’offre et la demande est fragile pour d’autres matériaux, notamment les polyoléfines et le PS
  • La crise du fret international devrait continuer en 2022, et les importations de matériaux s’en trouveront compliquées (mais pas impossibles)
  • Les fournisseurs européens de plastique tenteront de préserver leurs marges
  • La progression des variants Delta et Omicron du coronavirus perturbera vraisemblablement l’économie mondiale en début d’année. La fermeture des ports et les difficultés logistiques qu’ils engendreront pourraient perturber durablement les importations européennes de matériaux.
  • Les négociations sur les contrats d’achat de polymères pour 2022 se sont avérées particulièrement difficiles, et les tarifs de base ont été revus sensiblement à la hausse
  • Les acheteurs spot seront plus exposés aux variations de prix et aux ruptures d’approvisionnement

La progression des variants Delta et Omicron peut entraîner de nouveaux arrêts de production et influencer les tendances de prix du plastique

Prévisions : prix du PE en 2022

 

  • Fortes hausses de prix constatées sur la fin d’année en raison de l’application de « surcharges énergétiques »
  • Le marché du C2 est plutôt long
  • Déséquilibres flagrants en faveur de l’offre sur les marchés du PEBD, du PEBD-L – surtout grades C6 et C8, du PEHD
  • Difficultés des producteurs à imposer la totalité des hausses annoncées
  • Niveaux de prix records : on se rapproche – ou on a dépassé – les 2000€/tonne sur certains grades

On peut donc s’attendre à une tendance haussière modérée début 2022 et à un maintien des prix à un niveau élevé sur une bonne partie de l’année. Les producteurs européens risquent néanmoins d’être confrontés à un regain de la concurrence internationale sur leur marché, ce qui pourrait entraîner des baisses de prix à partir du printemps.

En effet, 8 millions de tonnes annuelles de capacités de production de PE supplémentaires démarreront cette année à travers le monde. 41% de ces volumes seront produits en Chine, en concordance avec la stratégie d’auto-suffisance du pays, 23% en Corée du Sud et 15% aux Etats-Unis.

La Chine produisait 31% des volumes mondiaux de polymères en 2020, soit 114 millions de tonnes. Elle en a consommé 91 millions, soit une progression de 12% par rapport à 2019. Ces ajouts ne feront pas de la Chine un exportateur net de PE pour autant, mais il est fort à parier que ses importations vont diminuer dès cette année. Cela signifie que certains traders vont devoir identifier de nouveaux débouchés, et l’Europe, avec ses hauts niveaux de prix, pourrait rapidement constituer une cible privilégiée. Reste à savoir si la compétitivité de ces matériaux produits hors-Europe pourra réellement s’articuler autour des prix.

Prévisions : prix du PP en 2022

 

  • Comme pour les PE, de fortes hausses de prix ont été constatées sur la fin d’année en raison de l’application de « surcharges énergétiques », mais les producteurs n’ont pu imposer que 50% des montants souhaités en moyenne (70€/t contre 150€/t espérés)
  • Le marché du C3 est long
  • Fort ralentissement de la demande de PP des secteurs automobile, électroménager et de la construction
  • Le prix moyen des PPH s’élevait à 1940 euros/tonne en décembre dernier d’après le BMP, contre 2100 euros/tonne pour les PPC.

On peut anticiper une tendance baissière modérée début 2022 et un maintien des prix à un niveau élevé sur une bonne partie de l’année. Les annonces de rollovers début janvier semblent confirmer ces prévisions. Ici aussi, les démarrages de nouvelles capacités en Chine pourraient amener des volumes d’importation plus importants en cours d’année.

Prévisions : prix du PS en 2022

 

  • Tensions artificielles sur l’offre de pétrole brut qui propulsent le prix du baril à la hausse. L’OPEC+ semble vouloir maintenir sa stratégie de restriction de la production. A surveiller de près.
  • Annonce de Saudi Aramco qui compte investir dans le gaz de schiste d’ici à 2030 : pourrait provoquer des remous sur le marché du pétrole
  • Marché du styrène court et monomère très sensible à la hausse des coûts énergétiques, qui continuent leur ascension
  • Le prix moyen du PS était de 2140 euros/tonne en décembre, selon le BMP. Le cours du styrène a quant à lui augmenté de 119 euros/tonne en janvier.

Forte volatilité à prévoir en 2022, avec des tensions sur les grades PS-E isolation. Il y a peu de chance d’assister à des baisses de prix en début d’année car le cours du styrène est reparti à la hausse dès janvier du fait de la crise énergétique.

 

Prévisions : prix du PVC en 2022

  • Tensions extrêmes sur le VAM en Europe
  • Fortes tensions sur les plastifiants
  • Forte sensibilité des prix du PVC aux surcharges énergétiques
  • Graves tensions sur l’offre mondiale de PVC
  • La demande du secteur du BTP ne semble pas ralentir
  • Démarrage d’une maintenance sur un site européen clé de production de PVC dès janvier 2022
  • Selon le BMP, les prix des PVC émulsion approchaient 2300 euros/tonne en décembre 2021, et 1739 euros/tonne pour les PVC suspension.

De fortes hausses sont à anticiper au moins sur le début d’année, avec peu d’espoir de voir les tensions sur l’offre s’apaiser rapidement, en amont comme en aval. Une chose est sûre : les prix du PVC se maintiendront à des niveaux élevés toute l’année.

Prévisions : prix du PET et du rPET en 2022

 

  • Tensions extrêmes sur le MEG et le PTA en Amérique du Nord. La situation est également mauvaise pour ces deux précurseurs en Europe.
  • Grosse maintenance prévue sur le MEG et le PET en Espagne à partir de février 2022
  • Deux autres maintenances sur le PET prévues en septembre 2022
  • Situation délétère en Amérique du Sud, mauvaise en Amérique du Nord et seulement 85% de capacités disponibles en Europe sur la fin d’année
  • La baisse saisonnière de la demande est moins prononcée que d’ordinaire
  • Le coût des bouteilles PCR augmente depuis plusieurs mois et pèse sur les achats de rPET
  • Les prix du PET vierge atteignaient 1600 euros/tonne en décembre dernier, contre 2000 euros/tonne en moyenne pour le rPET selon le BMP.

On peut s’attendre à des hausses modérées sur le début d’année et à un maintien des prix pour le vierge en 2022. Les hausses de prix paraissent inévitables pour le rPET, dont les disponibilités sont de plus en plus limitées.

Prévisions : prix de l’ABS en 2022

 

  • Gare à la volatilité du styrène et du butadiène
  • Les niveaux de prix sont déjà très élevés pour l’ABS : entre 3150 et 3225 euros/tonne en fonction des applications en décembre dernier, selon le BMP.
  • Le marché a renoué avec l’équilibre, sur fond de fort ralentissement de la demande des secteurs automobile et électroménager
  • Offre très mauvaise en Amérique du Nord et sensiblement tendue en Europe
  • Un manque cruel d’importations avec des allocations maintenues par les producteurs asiatiques

L’évolution du cours du styrène (+119 euros/tonne) début janvier laisse présager de hausses de prix pour les ABS. Dans tous les cas, les fournisseurs européens miseront d’abord sur des rollovers et tenteront de maintenir leurs prix sur l’année.

Prévisions : prix du PA 6 en 2022

 

  • Tensions mondiales sur l’offre de caprolactame. Elles devraient rapidement s’apaiser en Europe si les sites en maintenance redémarrent correctement.
  • Offre de PA 6 fortement déficitaire en Europe et en Amérique du Nord avec de multiples FM
  • Ralentissement du secteur automobile. On anticipe une baisse continue de la demande de PA. Le marché reste un peu court.
  • Les données du BMP de décembre mettent en avant un prix moyen de 3950 euros/tonne pour les grades non-chargés, et de 4850 euros/tonne pour les grades chargés.

Il est probable que les prix stagnent et que les producteurs préfèrent accorder des rollovers plutôt que des baisses, et ce même si la demande ne redémarre pas. Les plasturgistes ne sont pas à l’abri de voir des surcharges énergétiques s’appliquer.

Prévisions : prix du PA 6.6 en 2022

 

  • Subsistance d’une Force Majeure bloquante sur l’ADN en Europe et un site qui tourne au ralenti aux Etats-Unis : fortes tensions sur ce précurseur clé de la production de PA 6.6
  • Une Force Majeuresur le PA 6.6 qui se maintient en Allemagne. Offre largement déficitaire aux Etats-Unis
  • Marché à l’équilibre : l’offre et la demande sont faibles
  • Ralentissement du secteur automobile un peu amorti par le rebond du segment des véhicules premiums
  • Grosses tensions sur les grades chargés
  • Niveaux de prix historiques : 5550 euros/tonne pour les grades non-chargés et 4857 euros/tonne pour les grades chargés selon le BMP du mois de décembre 2021

La faiblesse de la demande laisse peu de place aux velléités de hausses de prix des producteurs européens de PA 6.6. On peut s’attendre, au mieux, à un maintien des prix si la situation n’évolue pas.

Prévisions : prix du PC en 2022

 

  • Offre mondiale de PC normale, hormis peut-être quelques tensions en Asie et en Amérique du Sud
  • Grosses tensions sur le BPA, un précurseur du polymère, en Asie et en Amérique du Nord
  • Ralentissement du secteur automobile et de certains segments de la construction
  • Problématique de la hausse des coûts énergétiques mais les niveaux de prix sont déjà assez élevés : 4370 euros/tonne en moyenne selon le BMP de décembre 2021.

Il faut anticiper des hausses au T1 2022, et potentiellement au T2, car il y a un risque de report des coûts énergétiques, les achats se faisant habituellement au trimestre pour ce matériau. L’offre de BPA n’est également pas près de s’améliorer.

Prévisions : prix du PBT en 2022

 

  • Fortes tensions sur le PTA en Amérique du Nord et en Europe
  • Offre européenne encore extrêmement mauvaise fin décembre, et il faudra du temps pour reconstituer des stocks au redémarrage des deux Forces Majeures encore en vigueur en Allemagne. On constate également des tensions en Asie.
  • Demande plutôt faible et niveaux de prix élevés : 4384 euros/tonne en décembre dernier selon le BMP

Des hausses de prix sont probables pour le PBT en début de T1 2022 car les maintenances sur le PTA vont contrarier le marché aval. Les prix se maintiendront à des niveaux élevés au premier semestre car il faudra plusieurs mois pour que les fournisseurs retrouvent un niveau de stock acceptable, et ce à partir du moment où les sites concernés auront redémarré.

Prévisions : prix du PU en 2022

 

  • Force Majeure impactante déclarée mi-novembre sur le MDI en Hongrie. Tensions sur l’offre en Amérique du Nord et en Asie.
  • Réductions importantes de la production de TDI en Europe, et offre largement déficitaire en Asie et en Amérique du Nord.
  • Des producteurs qui cherchent à reporter la hausse des coûts énergétiques et logistiques
  • Equilibre fragile du marché européen
  • Des prix élevés : 5840 euros/tonne en moyenne selon le BMP de décembre 2021

Les producteurs vont chercher, a minima, à maintenir leurs prix. Des augmentations sont possibles s’ils arrivent à faire passer les surcharges énergétiques.

*Le terme « allocation » désigne la répartition des volumes de polymères par un fournisseur entre ses différents clients. En cas d’arrêt de production, cela peut se traduire par une réduction des volumes livrés à un plasturgiste, et ce même si des quantités plus importantes sont prévues dans le cadre d’un contrat ou d’une commande.

**Le terme « rollover » signifie qu’un fournisseur clôture un accord de prix sur le point d’expirer - dans le cas des prix du plastiques, pour un mois donné. Le prix en question est reporté sur le mois suivant, donc les prix du matériau ne changent pas.

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