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Prix du plastique : des baisses de prix pour le PE et le PP, mais pour encore combien de temps ?

12 septembre 2022

Prix du plastique : quelle tendance pour les polyoléfines à la rentrée ?

Les cours européens de l’éthylène (C2) et du propylène (C3) chutaient pour le cinquième mois consécutif début septembre. Si ces baisses de prix en amont de la chaîne de valeur des polyoléfines sont révélatrices du ralentissement de la demande des plasturgistes, elles témoignent également d’un marché long où les producteurs rencontrent des difficultés à écouler leurs stocks.

La baisse des cours des monomères devrait entraîner des chutes de prix du plastique

Si les baisses de prix observées en début de mois sont importantes, les cours des monomères se maintiennent en revanche à des niveaux élevés en Europe.

Chute des cours des monomères : quel impact sur les marges des producteurs de PE et de PP ?

Le prix contrat de l’éthylène est ainsi de 1305/t en septembre, contre 1230/t pour le propylène. Ces ordres de prix sont néanmoins plus faciles à naviguer que les pics atteints en avril dernier : respectivement 1665/t pour le C2 et 1675/t pour le C3.

Les prix du PE et du PP ont suivi une courbe similaire depuis avril 2022, bien que leur chute ait été moins rapide. Les producteurs cherchent en effet à préserver leurs marges, et invoquent régulièrement la crise de l'énergie pour justifier le report partiel de la chute des cours des monomères sur leurs prix.

Prix du plastique : des baisses à foison en août 2022

Sans surprise, la demande européenne de polyoléfines a continué à ralentir tout au long de l’été. Les fournisseurs, qui souhaitaient écouler une partie de leurs stocks, n’ont eu d’autre choix que d’accord des baisses de prix parfois conséquentes. Certains plasturgistes ont ainsi pu bénéficier de chutes de prix supérieures à 100/t en août 2022 pour ces matériaux.

Baisses de prix du plastique : l'arbre qui cache la forêt

Ces variations de prix ne sont cependant pas uniquement porteuses de bonnes nouvelles. Plusieurs producteurs européens de PE et de PP ont réduit la voilure au cours de l’été en revoyant leurs volumes de production à la baisse. Derrière ces réductions de production se cachent d’une part la volonté de réduire l’impact de la hausse des coûts énergétiques sur les marges de producteurs, mais aussi une tentative de rééquilibrer le marché en ajustant l’offre à la demande. En somme, les plasturgistes n'ont pas fini de rencontrer des problèmes d'approvisionnement.

La rumeur veut en effet que plusieurs fournisseurs européens de polyoléfines disposent actuellement de stocks importants de matériaux, pour lesquels ils ont du mal à trouver preneur. L’effet de ces coupes productives n’est pour autant pas immédiat. Les importations sont enfin revenues en Europe, et les lots produits ailleurs dans le monde sont souvent proposés à bon prix. L’offre de PE et de PP était donc toujours excédentaire fin août.

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💶 En effet, les prix du plastique se maintiennent à des niveaux élevés, et ce malgré les baisses observées cet été pour certaines familles de matériaux. A cela s'ajoutent les augmentations de prix de l'énergie, des transports, des papiers et cartons et d'autres postes d'achat. Le tout sur fond d'incertitude toujours plus pesante !

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Quelle stratégie des producteurs si la demande de polymères ne rebondissait pas ?

Si la demande ne rebondissait pas à la rentrée, les producteurs européens de PE et de PP pourraient décider de réduire encore plus leurs volumes de production, voire d’arrêter carrément certains de leurs sites. On n'est donc pas à l'abri d'assister à des arrêts pour maintenance, voire à des déclarations de cas de Force Majeure.

Une telle situation est d’autant plus envisageable que la plupart des groupes ayant décidé de ralentir leur production ont annoncé qu’ils ne la relanceraient pas avant que « les choses ne reviennent à la normale ». Il semblerait également que certains fournisseurs cherchent à rompre des contrats avec leurs clients. Un nombre de contrats trop important les enjoindrait en effet à maintenir la production pour en respecter les termes.

Prix du plastique : des baisses et de l’incertitude en septembre

La chute à trois chiffres des cours des monomères en début de mois laisse pressentir de baisses de prix comparables pour le polyéthylène et le polypropylène. La situation s’avère compliquée en amont de la chaîne de valeur de ces polymères. Les coûts de l’énergie ont récemment atteint de nouveaux sommets et la demande des marchés finaux n’a pas l’air de reprendre du poil de la bête.

Les stratégies semblent différer selon les fournisseurs. Les baisses de prix seront probablement plus importantes pour le PP que pour le PE, ce premier marché pâtissant toujours de l’absence écrasante de la demande du secteur automobile.

La chaîne de valeur de la plasturgie européenne en proie à de nombreux problèmes

L'incertitude et l'inflation générées par la guerre en Ukraine continuent par ailleurs de peser sur l'ensemble des marchés finaux de la plasturgie, à part peut-être le secteur médical.

Les prix européens demeurent néanmoins plus élevés que ceux pratiqués dans d’autres régions du monde. Les prix du plastique sont par exemple moins élevés en Chine qu’en Europe, avec un spread important entre les deux régions.

Si ces différences de prix sont révélatrices de l'inflation subie par l'Europe, elles rendent en principe la région plus attractive pour les pétrochimistes basés en-dehors de l'UE. C'est sans compter les perturbations logistiques et la progression du coronavirus en Chine ! L'engorgement des ports européens, étasuniens et chinois est tel que Dow Chemicals a annoncé une réduction de 15% de sa production de PE à l'échelle mondiale, comme le rapport le Platts dans son article du 24 août 2022. 

Un autre problème propre à l’Europe est celui de la disparité flagrante entre les prix spot et les prix contrat des monomères. Les prix spot C2 étaient ainsi inférieurs de 600/t aux prix contrat en août. L’écart était de 850/t pour le C3 sur la même période.

Ce sont donc les cours spot des monomères qu’il faut surveiller au cours des prochains mois pour savoir si les prix du C2 et du C3 vont réellement repartir à la hausse.

La logique voudrait que la chute des cours des monomères soit reportée sur les prix du plastique. Certains fournissent cherchent pourtant à éviter cela.

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