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30 juin 2021

Souveraineté industrielle, au-delà des discours

Alors que l’Etat déploie son plan de relance, et que la souveraineté industrielle redevient stratégique dans les discours, nos entreprises sont confrontées à une crise sans précédent. Sans précédent sur la durée : les allocations de nos fournisseurs ne sont pas à hauteur de nos besoins depuis plus de 6 mois maintenant. Sans précédent sur les prix qui ont flambé et mettent en péril l’équilibre économique de toute une filière.

Alors qu’en est-il des actes ?

Communiqués de presse, interviews dans les media, dépannages et solidarité au sein de la commission achat, informations régulières et webinaires pour nos adhérents, courriers et rencontres au sein des ministères, courriers et rendez-vous avec nos interlocuteurs en amont et en aval…

Autant d’initiatives et d’actions de Polyvia pour mettre en exergue les difficultés et le désarroi dans lesquels nos entreprises et nos dirigeants sont plongés à cause des Forces Majeures (plus de 30 en moyenne depuis le début de l’année soit trois fois plus qu’habituellement), des ruptures de contrats, de la flambée de prix…

Nous n’avons guère d’illusions sur le poids que nous avons dans un phénomène planétaire qui place une fois de plus l’Europe dans un rôle secondaire. Nous n’avons guère d’illusions dans la capacité de l’Etat et de l’Europe à inverser une tendance lourde de « désinvestissement » sur notre continent depuis plus de 20 ans dans différents secteurs de composants et d’approvisionnements. Nous n’avons guère d’illusions sur la capacité de nos PME à pouvoir totalement répercuter l’impact des hausses de prix, voire dans le pire des cas pour certaines à pouvoir résister à la baisse de chiffre d’affaires liée aux arrêts de production. Mais nous restons mobilisés, vigilants, force de proposition car nous sommes convaincus que notre capacité à produire sur le territoire national est une force, une nécessité pour le développement économique et social de notre pays.

 

Le discours sur la souveraineté industrielle stratégique doit assurément être confirmé par des actes et des décisions politiques et économiques cohérentes !

 

Nous devons pouvoir étendre cette notion de Force Majeure sur l’ensemble d’une filière dès lors que l’amont l’invoque.

 

Les DGCCRF peuvent être saisies par les entreprises, en toute confidentialité, en cas de pratiques anticoncurrentielles.

 

Les projets d’investissements sur le recyclage chimique, les bio sourcés, doivent se concrétiser en France et non pas ailleurs parce que cela serait « plus simple ».

 

Les acteurs de la Pétrochimie doivent maintenir leurs outils de production et garantir à long terme, grâce à une stratégie d’investissement équilibrée, la pérennité et la compétitivité de leurs sites européens, et s’engager durablement dans des relations saines avec leurs clients européens.

L’incorporation de matières recyclées doit se développer et nous devons nous engager fermement sur cet objectif.

A ce titre nous saluons l’accompagnement Orplast III du plan de relance, mais ce programme ne peut pas être considéré par les pouvoirs publics comme « la solution » à la crise actuelle. Au-delà des discours, si notre souveraineté industrielle européenne se concrétise par des actes, alors nous, industriels, entrepreneurs quotidiennement ancrés sur nos territoires, prendrons notre part et continuerons à innover, développer, produire et construire la société durable de demain

 

Emmanuelle Perdix 
Présidente Polyvia