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Objets connectés plasturgie

16 février 2021

Objets connectés : opportunités véloces pour la plasturgie

Selon une étude publiée par J. Turley dans la revue EE Times en 1999, les ordinateurs à usage personnel, les datacenters et les autres produits adjacents représentaient moins de 1% de la totalité des microprocesseurs utilisés dans le monde. Le reste était en fait l’apanage des systèmes embarqués que l’on peut aujourd’hui encore trouver dans les machines à laver, les fours micro-ondes, les télécommandes ou encore les téléphones.

Les technologies liées aux systèmes embarqués et à la transmission de leurs données ont énormément évolué depuis, donnant naissance à de nouvelles technologies dont la fameuse « intelligence embarquée », que l’on retrouve dans l’Internet des objets (IoT). Ce terme généraliste désigne en fait tout objet pouvant être connecté à Internet pour échanger des données, optimiser des procédés ou contrôler des systèmes. Ils sont ainsi constitués de divers capteurs, d’actuateurs et, pour la plupart, d’infrastructures de calcul peu puissantes.

Autrefois dédiés à des applications spécifiques, les objets connectés se sont aujourd’hui fait une place jusque dans nos poches avec les smartphones. Le concept de maison connectée est quant à lui en plein essor, tandis que l’IoT se frayent un chemin toujours plus large dans d’autres secteurs, comme l’automotive et plus globalement les machines de production. 620 plateformes publiques d’IoT étaient disponibles dans le monde en 2019, contre un peu plus de 200 en 2015.


Perspectives de croissance en Europe

Le marché européen ne déroge pas à la règle et le segment où objets connectés et big data se croisent est particulièrement florissant en Allemagne, en France, au Royaume-Uni, aux Pays- Bas, en Espagne ou encore en Italie. Si ces pays ont tendance à adopter ces nouvelles technologies plus rapidement que les autres, les pays nordiques et d’Europe de l’Est suivent également cette tendance, bien que leur rythme soit plus modéré.

D’après le Guide sur les dépenses mondiales pour l’IoT d’IDC, l’Europe représente 23% des dépenses mondiales en matière d’objets connectés. Ces dernières devraient d’ailleurs atteindre 891 milliards d’euros d’ici 2022.

L’Europe est en effet le troisième marché mondial de l’IoT, après l’Amérique du Nord et l’Asie Pacifique. Ce marché connait cependant une croissance à deux chiffres chaque année et se démarque par ses spécificités d’adoption. Ses deux segments principaux, à savoir l’IoT industriel et les objets connectés à destination des consommateurs, offrent effectivement des opportunités et ce à travers plusieurs industries.

L’Europe est également le marché régional devant enregistrer le plus fort taux de croissance annuel au cours des prochaines années. Il devrait en effet atteindre 15.7% jusqu’en 2025. Les parts de marché européennes vont donc augmenter pour représenter 25% des dépenses mondiales d’ici 2023. A titre de comparaison, les taux de croissance annuels cumulés respectifs de l’Amérique du Nord et de l’Asie Pacifique devraient s’élever à 11% et 13,2% pour la même période.

L’importance du marché européen peut toutefois s’illustrer plus simplement. Le monde comptait 14,2 milliards d’objets connectés en 2019, et devrait en accueillir 25 milliards dès 2025, dont 4,9 milliards se trouveront en Europe.

Une entreprise européenne souhaitant se lancer sur le marché de l’IoT a tout intérêt à suivre ou à participer aux différents temps forts de la filière, comme l’IoT World Europe Summot, IoT Tech Expo, l’IoT Week ou même l’IoT Solutions World Congress. De même, il convient de se rapprocher de l’organisation Digital Europe, présidée par Markus Borchert du groupe Nokia, qui vise à développer le marché d’ici 2025 à travers plusieurs actions.

Des opportunités auprès des consommateurs comme des industriels

Les objets connectés destinés à la grande consommation représentent aujourd’hui 63% des dispositifs IoT du marché mondial. Le reste est déployé dans l’industrie (IIoT) et ce ratio ne devrait guère évoluer au cours des prochaines années.

Le segment de la grande consommation est donc particulièrement intéressant, tandis que celui de l’IIoT offre également de belles opportunités puisque le montant des dépenses individuelles y est généralement plus élevé. Le marché européen des objets connectés pour la grande consommation pesait 28,5 milliards d’euros en 2019. Cela correspond à seulement 19% du chiffre généré par le marché de l’IoT en Europe, le reste étant engendré par les objets connectés industriels.

Il faut toutefois s’attendre à ce que les consommateurs achètent des objets connectés de plus en plus coûteux au cours des prochaines années, participant ainsi à une réduction plus ou moins importante de l’écart du montant des dépenses entre IoT de grande consommation et IoT industriel. Dans tous les cas, les dépenses des industriels demeureront plus importantes.

Le marché de l’IIoT se démarque quant à lui par ses spécificités. 60% des objets connectés destinés à ce segment seront conçus pour une utilisation trans-industrielle, c’est-à-dire qu’un même produit pourra être utilisé par des acteurs issus de secteurs industriels différents. Le reste sera conçu pour des industries spécifiques.

Les objets connectés trans-industriels participeront notamment à la réduction des coûts liés à la production. Les outils spécifiques varieront en fonction de leur secteur d’application : le secteur de la santé n’aura par exemple pas les mêmes besoins que le secteur automotive. Tous viseront cependant à améliorer la performance des industriels, tant en termes d’efficacité que de précision des process de production.

Certains secteurs industriels ont pris plus rapidement le train de l’IoT que d’autres. En Europe, l’industrie pure représentait 28,5 millions d’euros de dépenses (Industrie 4.0), contre 16,9 millions d’euros pour l’énergie (smart grids pour l’électricité, le gaz et l’eau), 14,3 millions pour la grande distribution (développement de l’omnicanal et interactions entre physique et digital) et 13,4 millions d’euros pour les transports (suivi du fret et solutions logistiques).

Les segments les plus porteurs entre 2019 et 2022 devraient respectivement être la grande distribution (+18,5%), la santé (+17,9% avec l’adhérence médicamenteuse, la e-santé et le vieillissement démographique) et les autorités locales (+17,1% avec la smart finance, les transports publics ou encore le mobilier urbain).

Avoir conscience de la rapidité d’évolution du marché

Comme toutes les technologies digitales, celles de l’IoT évoluent rapidement et encourent le « risque » de devenir des commodités comme c’est déjà le cas des applications pour smartphones ou du cloud. Pour les entreprises, cela signifie que les fenêtres d’opportunité ont une date d’expiration.

Les technologies, les business models et le positionnement sur les différents segments de marché d’une entreprise doivent donc être capable de s’adapter aux différents progrès et à l’évolution des besoins.

L’industrie de l’IoT n’est pas étrangère au problème du manque de compétences rencontré par bien des industries, dont la plasturgie. Se lancer sur ce marché requiert, en plus d’une certaine agilité, une expertise technique véritable. Un nouvel entrant a donc tout à gagner à trouver des partenariats pour combler les lacunes qu’il pourrait avoir. Dans le même sens, mieux vaut d’abord concentrer son expertise sur un segment de marché afin de s’imposer parmi les acteurs les plus pertinents de ce dernier, plutôt que de tenter sa chance sur plusieurs d’entre eux.